Правда

A lire impérativement, le billet d'Eric Mainville sur le glissement de plus en plus net des journaux gratuits de l'information vers la propagande gouvernementale.

J'ai déjà vaguement évoqué le sujet ici plusieurs fois (ici et ), mais l'heure devient grave car la RATP a signé un accord d'exclusivité avec le groupe Bolloré (grand ami de notre président) pour la distribution des journaux gratuits dans le métro parisien. Comme le dit si bien Éric :

Le réalisme soviétique ne faisait pas mieux.

D'où le titre de ce billet... Voici encore quelques phrases marquantes de ce billet (c'est pour mieux vous donner envie de le lire) :

La trame de ce journal gratuit est simple au possible. Les premières pages sont consacrée à l'éloge de la politique gouvernementale. Le reste est dévolu à la mode, à la culture et au sport.

L'auteur de l'article épouse parfaitement les objectifs, les arguments et les "défis" du chef de l'Etat. Il n'y a pas ce recul, cet esprit critique qui définissent le journalisme.

Direct Soir n’a pas de morale, si l’on veut, pas de déontologie journalistique, aucune dignité ; c’est le cynisme poussé jusqu’au dégueulasse.

Je sens qu'on va encore me traiter de réac, alors que c'est exactement l'inverse. Attention ! Je ne suis pas contre les gratuits, au contraire, ça ne peut qu'encourager les journaux payant à se démarquer en fournissant de l'information de qualité et des articles de fond (ce qu'ils ne semblent pas avoir compris). En revanche, je suis contre la presse de propagande, qui devient à la limite de l'organe gouvernemental à la mode Stalinienne. La seule chose qui la différencie celle-ci de celle-là, c'est que Direct Soir n'est pas financé par l'état, mais par un privé qui a beaucoup d'influence.