Mois de la photo

OK, j'admets, ma note d'hier était nulle. Aujourd'hui, je me rattrape.

Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais en ce moment c'est le mois de la photo à Paris. Comme j'ai fait un petit saut à la capitale ce week-end, j'en ai profité pour aller voir une expo du dit mois de la photo à l'institut néerlandais qui présente trois séries de la photographe batave Desiree Dolron.

La première, Exaltation, est une série documentaire sur les rites religieux, en particuliers ceux qui impliquent de la violence ou de l'auto-mutilation.


Bref, une série dure, bien que de qualité. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui, ce sont plutôt les deux séries artistiques montrées lors de cette exposition.

Gaze est une suite de portraits pris sous l'eau. D'ailleurs, il semblerait qu'elle réponde à la première série dans le sens où la photographe a été tellement exigeante que ses sujet finissaient complètement en transe dans l'eau, un peu à la manière des religieux de Exaltation. Le résultat est splendide, des corps et des visages diaphanes et profonds à la fois, des sujets complètement renfermés sur leur être et en même temps tellement présents.

Et puis, j'adore ces couleurs ; en grand format, ces photos sont vraiment saisissantes.

La dernières série chronologiquement, mais la première que l'on voit en entrant, Xteriors, aborde un tout autre sujet, bien que l'on reste dans le domaine de la gravité. Cette série est toujours artistique, mais cette fois, les photos sont très propres, à la manière des peintres flamands, avec cette lumière nordique et ces visages lisses et parfaits. En effet, à première vue, si l'on ne sait pas qu'il s'agit de photos, on reste persuadé qu'il s'agit de peintures. Mais il s'agit bien de photo, et de la photo bien léchée, traitée numériquement pour que tout soit parfait, jusque dans ces regards aqueux, vraiment fascinants.
Encore une fois, l'artiste joue sur le paradoxe. Cette fois-ci, le paradoxe se situe entre le classicisme apparent du traitement et la modernité réelle de ces clichés. L'austérité des lieux et des vêtements pourrait faire croire à des images datant du XVIIème siècle, mais si l'on observe bien, on remarquera que tout cela est en fait résolument contemporain, dans la coupe des vêtements par exemple.
D'ailleurs malgré ce sentiment d'intemporalité, les femmes que l'on voit nous sont bel et bien contemporaines. L'une porte des dreadlocks et plusieurs boucles à la même oreille, une autre a un piercing à la lèvre, une autre, d'origine asiatique, n'aurait jamais pu figurer ainsi sur un tableau de Vermeer ou Rembrandt.

Vous l'aurez compris, je vous engage vivement à aller voir cette expo si vous êtes à Paris où si vous y passez avant le 20 décembre. Dans tous les cas, je vous incite fortement à visiter le site de Desiree Dolron, sur lequel on peut admirer toutes les photos de cette belle expo. Regardez surtout la section "Artwork".
Et puis si vous avez un peu d'argent de côté, vous avez le droit de m'offrir un tirage en grand format, pour que je mette dans mon futur chez moi !

3 réflexions au sujet de « Mois de la photo »

  1. Vivien

    excellent… tu t’es bien rattrapé !!! 😉

    je pense que j’irai avec plaisir… ça m’a donné envie…

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